vendredi 13 janvier 2017

Interview Stanley, coach des Séniors 2

“On a un état d’esprit de guerrier”

Arrivé au Basket Paris 14 dans les années 80/90 (à l’époque appelé la JAM), Stanley est un enfant du club. Pourtant au regard de son encourageante carrière, le métier de coach ne lui était pas prédestiné. Aujourd'hui, il entraîne les baby basket les Séniors 2, une équipe qu'il a réussi à faire monter dans le championnat régional. Dimanche les Séniors 2 affronteront Melun pour le maintien. Stanley nous en dit plus sur son parcours au BP14 et cette rencontre décisive.


Peux-tu me présenter ton parcours en tant qu’entraîneur ? J’ai commencé à entraîner en 1991. J’étais parti dans le sud pour jouer en National et en même temps j'entraînais les équipes jeunes. J’étais coach adjoint des minimes et des cadets. Une fois arrivé au Basket Paris 14 j’ai commencé à entraîner les Seniors. Depuis 3 ans j’assure également l'entraînement des Baby Basket. Ce sont des enfants qui ont entre 5 et 7 ans. C’est grâce à mon fils que j’ai coaché les baby basket. Lorsqu’il a commencé à s'intéresser à ce sport j’ai voulu suivre son évolution. L’entraîner était le meilleur moyen.
Avant d'entraîner les baby basket, tu avais fait le choix d'entraîner uniquement les Séniors du BP14. Pourquoi ? Au début je n’avais spécialement envie de devenir coach. Je n’avais pas cette fibre pour le coaching. Mon frère arrêtait pas de me demander de venir coacher son équipe. Au début je n’étais pas très enthousiaste mais il a finalement réussi à me convaincre et c’est comme ça que ça a commencé. J’ai donc coaché cette équipe des Séniors 1. On a eu un beau parcours. On montait presque chaque saison dans la division supérieur. Je connaissais bien la plupart des joueurs de l’équipe et ça m’a facilité le travail.
Comment en es-tu venu à coacher les Séniors 2, ton équipe actuelle ? C’est une équipe composée de joueurs qui se connaissent depuis longtemps, pour certains plus de 6 ans. Ils sont donc habitués à jouer ensemble. On a également de “nouveaux” joueurs qui se sont rajoutés au groupe. Beaucoup viennent de province, de Bordeaux, de Bretagne… Ce sont soit des étudiants venus sur Paris le temps de leurs études, ou des basketteurs de province qui venaient sur Paris pour trouver du travail.

Toi qui disait qu’à tes débuts tu n’avais pas forcément cette envie de devenir coach, est-ce que le fait d’avoir des joueurs habitués à jouer ensemble t’as permis de mieux apprécier ton rôle d'entraîneur ? Ce sont des joueurs que j’apprécie beaucoup. Pour certains j’ai même joué avec eux. Je n’avais pas vraiment cette appréhension que pourrait avoir un coach étranger au club. Le fait de connaître les joueurs personnellement m’a aidé à communiquer avec eux. Je connais leur caractère et je sais comment leur dire les choses. Je sais qu’avec certains je vais pouvoir leur dire les choses clairement tandis qu’avec d’autres je vais plus devoir faire un travail d’échange. C’est un aspect du coaching qui est intéressant. On ne parle pas de la même façon à tous ses joueurs. C’est important de suivre l’évolution d’un joueur d’une saison à l’autre en s’assurant que sa motivation reste toujours la même.
Avoir une équipe constituée d’anciens coéquipier facilite ton travail mais quel état d’esprit veux-tu leur transmettre ? On dit souvent que le coach amène son état d’esprit mais depuis que j'entraîne je me suis rendu compte que le coach doit plutôt adapter son état d’esprit aux profils de ses joueurs. Toutes les équipes n’ont pas le même profil, il faut apprendre à composer avec ton équipe. Avec les jeunes c’est beaucoup plus facile de véhiculer un état d’esprit, une vision du basket, une mentalité… Avec les séniors c’est différent. Notre équipe de Séniors est une équipe très compétitive, avec beaucoup de bonne volonté et d’énergie bien que l’on soit parfois physiquement inférieur à nos adversaires. On a un état d’esprit de guerrier ! On ne lâche jamais rien. La plupart de nos victoires sont à l’arrachées où l’on revient de 14 points au quatrième.
Peux-tu me présenter les qualités et les défauts de ton équipe ? On joue beaucoup sur le côté émotionnel. C’est un avantage pour rattraper un retard dans un match parce que les joueurs sont toujours très motivés. En revanche ça nous arrive d’avoir du mal à gérer nos émotions et ça peut être un défaut. En fin de match on peut être très bon ou très mauvais. La plupart du temps quand on est mauvais c’est qu’on a mal géré nos émotions, que l’on commence à s’énerver. Je pense qu’on a également un côté playground qui peut être une qualité comme un défaut. Depuis un peu plus de 2 saisons on essaye d’améliorer nos systèmes de jeu et de jouer plus avec notre tête mais ce n’est pas toujours évident. Pour la plupart des joueurs, cette saison 2016-2017 est une première expérience au niveau régional.
Quel a été le parcours de cette équipe depuis que tu as commencé à la coacher ? Depuis que je coach cette équipe en 2009, on a souvent eu du mal à accéder au championnat régional. Pendant 2 ou 3 années on arrivait pas à passer. On finissait soit 3ème ou 4ème et il n’y a que les 2 premiers qui montent en région. Lorsque j’ai repris l’équipe en 2009, on montait presque chaque saison mais on est toujours resté au niveau départemental. C’est la première fois qu’on joue en région. L’objectif est de s’y maintenir.

Pour le moment vous avez du mal à trouver vos marques dans ce championnat nouveau pour vous. Qu’est-ce qu’il vous manque à ton avis ? Je pense qu’il nous manque de l'expérience, des joueurs qui ont l’habitude d’évoluer à ce niveau. La plupart de mes joueurs n’ont pas encore le niveau pour espérer jouer plus haut qu’en région. On a du batailler pour en être là, il faut maintenant qu’on s’impose. Beaucoup d’équipes qui montent en région reviennent en départementale la saison suivante. On va tout faire pour que ce ne soit pas notre cas. De plus, notre côté playground a ses limites à ce niveau là. Il faut être beaucoup plus rigoureux et encadré. Tout reste possible, il faut qu’on finisse 8ème pour se maintenir.
Pour le moment vous avez un bilan de 3 victoires pour 7 défaites. Comment abordes-tu votre match de dimanche face à Melun, 6ème du classement ? C’est une rencontre décisive. Chaque match est une opportunité de monter dans le classement. Il faut savoir que le classement est très dense et qu’une seule victoire peut permettre de gagner 2 ou 3 places. On est plusieurs équipes à avoir les mêmes résultats. Si on gagne contre Melun on va monter. On est pour l’instant 9ème et le 8ème, 7ème et 6ème du classement ont le même nombre de défaites.
J’imagine que c’est ce discours que tu tiens à tes joueurs avant chaque rencontre, “chaque rencontre est décisive”... Oui tout à fait. Une victoire peut tout changer. Chaque match est à prendre l’un après l’autre, ça sert à rien de prévoir ce qu’il va se passer par la suite. La saison est encore longue. On a un championnat dense et chaque match est crucial. Il faut vraiment rien lâcher, c’est comme ça que l’on est monté la saison dernière.
En regardant le profil des joueurs de Melun, quels sont vos atouts ? De ce qu j’ai entendu ils ont une attaque bien en place, avec des systèmes de jeu complexes et bien structurés. Ce qui est intéressant chez nous c’est qu’on a un jeu très attrayant toujours basé sur la contre-attaque et notre défense. On est une équipe assez plaisante à voir jouer donc j’espère que nos supporters vont nous aider à gagner. On a l’habitude de retourner des situations, on l’a déjà fait par le passé et je pense qu’on peut le refaire. Le groupe change et nos ambitions aussi. On a beaucoup de jeunes bon joueurs qui arrivent.
Justement comment t’es tu adapté à ton “nouveau” groupe ? J’imagine que ce n’est pas facile de voir les joueurs que tu entraînes depuis plus de 5 ans partir d’année en année… Forcément entraîneur comprend également une part d’affectif. L’affectif fait parti du métier et de son charme. Quand j’ai accepté ce poste je me doutais un peu que ce genre de situation allait arriver. Une équipe a en générale une durée de vie de 5 / 6 ans. On a donc enclenché un nouveau cycle. On est en train de constituer une bonne équipe en douceur.
Interview par Babacar Diassé

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